Union des Syndicats de Pharmaciens d'Officine (USPO)

Le mot du Président

Négocier mais ne pas transiger, l’ADN de l’USPO 

La 16ᵉ édition des Rencontres de l’USPO a une nouvelle fois démontré la force, la cohésion et la détermination des pharmaciennes et pharmaciens de France regroupés au sein de notre structure. Je veux remercier très sincèrement l’ensemble des intervenants pour la clarté de leurs analyses et la hauteur de vue qu’ils ont apportées. Je remercie également les nombreux participants qui ont donné vie à ce moment essentiel de réflexion collective. 

Ce que je retiens de nos échanges est simple : la pharmacie d’officine est devenue l’un des piliers les plus solides du système de santé français, et elle le prouve chaque jour. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « 95 % des pharmacies vaccinent” ; “80 % de taux de transformation du kit de dépistage du cancer colorectal” ; “750 000 TROD réalisés”Ces résultats ne sont pas des statistiques : ce sont des actes, des engagements, des preuves. Ils montrent que lorsque la Nation confie une mission aux officines, nous la prenons, nous la portons, et nous la réussissons. 

Mais cette dynamique reste fragile car elle ne pourra durer que si notre modèle économique évolue. L’USPO mène un combat structurant pour sortir d’un système fondé sur les volumes et aller vers une rémunération alignée sur notre véritable contribution à la santé publique : pertinence, prévention, efficience. Publié ce 7 avril, le rapport IGAS‑IGF sur la chaîne de distribution pharmaceutique nous partage des recommandations pour avancer que nous commenterons dans notre communiqué de presse de demain et durant notre conférence de presse de mercredi 13 mai. Le chemin sera long, oui. Mais nous n’avons pas le droit de renoncer. Notre responsabilité syndicale est claire : 

  • défendre toutes les pharmacies de France, sans exception ; 
  • garantir la pérennité du maillage officinal, socle de l’égalité d’accès aux soins ; 
  • protéger l’indépendance de l’exercice, aujourd’hui fragilisée par la financiarisation. 

Cette financiarisation est une menace directe pour la santé publique. Lorsque des officines se retrouvent piégées dans des montages opaques et perdent progressivement la maîtrise de leur outil de travail, c’est tout le système qui vacille. Nous ne faiblirons pas sur ce sujet. Ne pas transiger est l’ADN de l’USPO. 

Pour construire la pharmacie de demain, notre devoir est d’innover dans nos pratiques, dans nos missions, dans notre capacité à anticiper les besoins de la population. C’est dans cet esprit que l’USPO finalise une proposition de loi sur la santé sexuelle, visant à renforcer la prévention en matière de contraception, d’IST et de VIH. Une avancée concrète, utile, attendue. 

Nous suivons toujours également avec attention la généralisation d’OSyS, la proposition de loi du député Yannick Neuder sur le dépistage et la prise en charge de l’hypertension artérielle en pharmacie, le plan d’action gouvernemental contre la financiarisation ainsi que l’ouverture indispensable de négociations sur un avenant n°3 structurant, pour que plus aucun confrère ne soit laissé en souffrance. 

Notre profession est debout. Elle avance. Elle innove. Elle protège. 

Continuons ensemble. Combattons ensemble. Construisons ensemble. 

Pierre-Olivier Variot, Président USPO