L’USPO obtient gain de cause auprès du CEPS : près de 20 millions d’euros de baisses de prix évitées
À l’occasion du Comité de suivi des génériques (CSG) du 23 juillet 2026, l’USPO a une nouvelle fois démontré que les décisions relatives au médicament ne peuvent pas être guidées par une logique purement budgétaire déconnectée des réalités de terrain. Alors que le CEPS avait initialement engagé une vague de baisses de prix sur 12 groupes génériques, représentant 43,9 M€ d’économies pour l’Assurance maladie, cette trajectoire a été profondément réorientée.
Face à une approche strictement comptable, l’USPO a opposé une analyse précise, molécule par molécule, fondée sur les tensions d’approvisionnement, la fragilité de certaines filières, l’absence de concurrence réelle et le niveau déjà très élevé de substitution.
Résultat : 9 groupes sur 12 ont été retirés du dispositif
L’impact final est ainsi réduit de moitié, avec 24,2 M€ d’économies pour l’Assurance maladie contre 43,9 M€ initialement. Autrement dit, près de 20 M€ de baisses de prix ont été évitées, grâce à une position argumentée, constante et assumée de l’USPO.
Cette décision confirme une réalité que les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer : les baisses de prix systématiques sur les génériques ont atteint leurs limites. L’USPO a notamment obtenu l’exclusion de plusieurs groupes dans lesquels une baisse de prix aurait été directement contre-productive : situations de quasi-monopole, production française à préserver, tensions d’approvisionnement avérées ou taux de substitution déjà maximal.
Dans ce contexte, certaines prises de position laissant entendre que ces décisions auraient pu être évitées relèvent d’une méconnaissance des mécanismes de régulation en vigueur et entretiennent une confusion préjudiciable au débat public. Ces arbitrages s’inscrivent dans un cadre réglementaire précis, dans lequel seule une expertise technique solide permet d’en faire évoluer les contours.
Ces baisses de prix nous rappellent que la réforme des honoraires de dispensation portée par l’USPO seule permet de jouer le rôle d’amortisseur face à ces baisses drastiques. Sans la transformation d’une partie de la marge dégressive lissée l’impact cumulé des politiques de baisse de prix serait aujourd’hui d’autant plus insoutenable pour les officines.
Pour l’USPO, la ligne est claire : les économies ne peuvent plus reposer sur une baisse continue des médicaments matures et une fuite en avant des médicaments chers. Cette stratégie fragilise à la fois la sécurité d’approvisionnement et le réseau officinal, sans garantir de gains durables.
Les véritables leviers sont ailleurs :
- augmentation effective des taux de substitution,
- encadrement strict des mentions « non substituable »,
- élargissement du répertoire des génériques et des hybrides,
- lutte contre les stratégies de contournement du marché.
L’USPO continuera de s’opposer à toute logique de baisse aveugle des prix et de défendre une politique du médicament fondée sur la pertinence, la sécurité d’approvisionnement et la soutenabilité du réseau officinal.
