Baisse du financement de l’apprentissage : un risque majeur pour la formation des préparateurs en pharmacie
L’USPO souhaite alerter l’ensemble des acteurs concernés sur les conséquences potentielles de la révision des niveaux de prise en charge (NPEC) des contrats d’apprentissage pour le DEUST Préparateur/Technicien en pharmacie.
France Compétences, organisme chargé de réguler le financement de l’apprentissage, a recommandé de fixer le coût de contrat de cette formation à 6 887 € par année de formation contre 8 555 € actuellement. Une telle évolution représente une baisse significative des ressources allouées aux centres de formation d’apprentis (CFA) qui assurent la formation des futurs techniciens/préparateurs en pharmacie.
Des discussions sont actuellement en cours entre la Commission Paritaire Nationale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (CPNEFP) de la branche et les services de France Compétences afin d’obtenir une meilleure prise en charge. Toutefois, dans les conditions actuelles, le niveau de financement pourra difficilement dépasser 7 100 €, soit une diminution de plus de 1 300 € par apprenti et par an pour les organismes de formation.
Une formation essentielle pour la profession
Le DEUST Préparateur /Technicien en Pharmacie constitue aujourd’hui la seule voie d’accès au métier de technicien/préparateur en pharmacie et représente à lui seul près de 98 % des contrats d’apprentissage de la branche.
Il joue un rôle déterminant dans le renouvellement des effectifs et dans la transmission des compétences nécessaires à l’exercice en officine.
Dans un contexte où de nombreuses pharmacies rencontrent déjà des difficultés pour recruter et fidéliser des professionnels qualifiés, l’apprentissage s’est imposé comme un levier stratégique pour répondre aux besoins du secteur. Il permet non seulement de former les futurs techniciens/préparateurs au plus près des réalités du terrain mais également de favoriser leur insertion durable dans les officines
Des conséquences préoccupantes
Une diminution importante du financement de cette formation fragilisera l’ensemble de la chaîne de formation. Certains CFA pourraient être contraints de réduire leur capacité d’accueil, de fermer des sections ou renoncer à proposer la formation lorsque leur équilibre économique ne pourra plus être assuré. Cette réduction de l’offre de formation risque d’entrainer une baisse du nombre d’apprentis formés chaque année, avec des conséquences directes sur le vivier de professionnels disponibles pour les officines.
A moyen et long terme, cette situation pourrait accentuer les tensions déjà observées sur le marché de l’emploi. Au-delà des enjeux de gestion des ressources humaines, c’est la capacité des pharmacies à maintenir un service de proximité, à s’investir dans nouvelles missions qui leur sont confiées et à accompagner les patients qui sera compromise
Préserver un niveau de financement adapté du DEUST ne constitue donc pas seulement un enjeu pour les organismes de formation, c’est aussi une condition essentielle pour garantir la juste formation au métier de technicien/préparateur en pharmacie et la nécessaire continuité de l’offre de soins sur l’ensemble du territoire.
