Interview : Matthéo De Faria, nouveau président de l’ANEPF

A l’occasion de l’élection du nouveau bureau national de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF), nous avons rencontré son nouveau président Matthéo De Faria.
Etudiant en 4ème année de pharmacie à l’Université de Picardie Jules Verne, Il est engagé depuis le début de ses études. Cette élection illustre ses ambitions en faveur des conditions de vie et de réussite des étudiants.
Pourquoi avoir candidaté à la présidence de l’ANEPF cette année ?
Je suis engagé dans l’associatif depuis le début de mes études, à différents niveaux : localement, au sein de ma fédération territoriale, et aussi à l’université en tant que vice-président étudiant. C’est quelque chose qui m’a toujours animé. Le contexte actuel a aussi beaucoup compté pour m’investir davantage : entre les réformes des études et les échéances politiques à venir, il y a un vrai besoin de représentation forte.
Quelles sont les priorités de votre Bureau National pour l’année universitaire 2026/2027 ?
Nos priorités s’articulent autour de quatre grands axes :
- Rendre la filière pharmacie plus lisible et attractive, en montrant la diversité des métiers, en parlant aux lycéens et aux étudiants notamment en axant sur une communication active sur les réseaux sociaux. L’objectif est de redonner du sens au choix de pharmacie et de valoriser toutes les voies.
- Accompagner la mise en place des réformes des études (REES, R3C) pour qu’elles répondent aux besoins des étudiants et que les décisions soient prisent avec eux.
- Défendre les conditions de vie et d’études avec notamment la santé mentale, la lutte contre violences sexistes et sexuelles et discriminations, l’accès aux soins (Grand Entretien 3.0, enquêtes santé mentale) pour porter des revendications étayées.
- Faire de la santé et des jeunes des enjeux politiques majeurs sur les élections présidentielles, en rappelant l’importance d’investir dans la jeunesse et notamment les étudiants en santé qui seront les professionnels de santé de demain.
Qu’attendez-vous des syndicats de pharmaciens ?
Nous avons avant tout une volonté commune : un travail collaboratif. Les syndicats sont des partenaires essentiels, et nous sommes convaincus que le dialogue entre étudiants et représentants de la profession est une vraie force pour faire avancer le métier en intégrant pleinement les attentes des futurs pharmaciens.
Nous partageons également des enjeux communs dont la valorisation des compétences du pharmacien et la défense du monopole pharmaceutique, face aux pressions externes, y compris du e‑commerce, ainsi qu’à la désinformation relayée sur les réseaux sociaux.
Qu’attend l’étudiant en pharmacie du titulaire d’officine ?
Être accompagné par un maître de stage investi dans son rôle de formateur car un bon stage est un stage où l’on a : des explications, de la transmission et l’intégration de l’étudiant dans l’équipe officinale.
Etre considéré comme un futur professionnel de santé, avec une montée progressive en autonomie. L’objectif n’est pas d’être uniquement un renfort ponctuel mais de pouvoir apprendre le métier dans toutes ses dimensions. Cela dépasse largement la pratique au comptoir. L’officine est aussi un lieu où l’on découvre la gestion d’une entreprise : management d’équipe, relations avec les partenaires, fonctionnement des groupements, mise en place de la qualité à l’officine. Ce sont des aspects encore peu abordés à la faculté alors qu’ils sont essentiels et que l’on ne peut vraiment apprendre qu’au contact des pharmaciens sur le terrain.
Enfin, il y a une attente forte sur le cadre de stage : un environnement respectueux, inclusif et bienveillant, qui permette à l’étudiant de se former sereinement et de se projeter dans son futur exercice.
À quoi ressemblera une officine dans 10 ans ?
Elle va continuer d’évoluer vers plus de missions cliniques et de prévention, en affirmant pleinement son rôle de professionnel santé de premier recours avec une place encore plus grande dans le parcours de soins.
Elle devra également être plus inclusive, avec des équipes formées à la prise en charge des personnes en situation de handicap et, plus largement, à l’accueil de tous les publics.
Enfin, il y a un enjeu majeur autour du modèle économique : trouver un équilibre permettant de valoriser les missions du pharmacien, mais aussi les équipes qui y travaillent, pour rendre l’exercice durable et attractif.
Par Charlotte Ribeiro Lopes
