Obésité : une feuille de route 2026-2030 pour une prise en charge renforcée
A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’obésité ayant eu lieu le 4 mars dernier, l’USPO souhaitait faire un focus sur le lancement de la feuille de route 2026-2030 pour la prise en charge des personnes en situation d’obésité.
Il y a plus de quinze ans, la France a fait le choix d’affirmer l’obésité comme un enjeu majeur de santé publique. Au fil des Plans Obésité, les bases ont été posées. Tout d’abord, le Plan obésité 2010-2013, suivi du Plan obésité 2019-2022, qui ont inscrit la reconnaissance de l’obésité comme maladie chronique, la création de Centres spécialisés de l’obésité, la structuration des filières territoriales ainsi que l’affirmation d’une prise en charge fondée sur la pluridisciplinarité. Pour autant, malgré une consolidation de l’offre de soins et d’amélioration des parcours contre l’obésité, cette dernière continue de progresser.
C’est dans ce contexte que la feuille de route 2026-2030 a été lancée par le ministère de la Santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées. Celui-ci consacre l’obésité comme une politique structurée de prévention secondaire et tertiaire, en complément du Programme national nutrition santé (PNNS), centré sur la prévention primaire.
La politique de lutte contre l’obésité couvre l’ensemble du parcours de soins, de la prise en charge pédiatrique à l’accompagnement médical de l’adulte, jusqu’aux situations relevant de la chirurgie. Elle repose sur un principe fondamental : l’obésité, reconnue comme une maladie chronique, nécessite un accompagnement global, coordonné et inscrit dans la durée, adapté aux situations individuelles et à la diversité des trajectoires de vie.
Cette feuille de route mobilise l’ensemble des acteurs : ministères, agences régionales de santé, collectivités territoriales, professionnels de santé, chercheurs, associations et patients.
La feuille de route s’articule autour de quatre objectifs :
- continuer à infléchir la progression de l’obésité et à améliorer la santé des personnes concernées,
- augmenter l’accès à des soins personnalisés, de proximité et inscrits dans la durée,
- développer le nombre de professionnels sensibilisés et formés,
- Et capitaliser sur les parcours et les prises en charge innovantes, en couvrant l’ensemble des niveaux de recours.
S’agissant des médicaments, des échanges sont en cours sur la mise à disposition de nouveaux traitements de l’obésité, qu’ils soient médicamenteux ou chirurgicaux, en vue de leur intégration et de leur prise en charge. Si la HAS a recommandé le remboursement de ces médicaments, des interrogations subsistent quant au périmètre de la population concernée, ainsi qu’au niveau de prix retenu pour cette prise en charge. Le Gouvernement a précisé que ces éléments relevaient des négociations conventionnelles entre les industriels du médicament et le Comité économique des produits de santé (CEPS).
S’agissant des pharmaciens d’officine, leur rôle pourrait être amené à se renforcer autour de plusieurs axes : coordination des soins de proximité, participation à la sensibilisation et à l’orientation des patients vers un parcours adapté, et collaboration accrue avec les équipes pluridisciplinaires afin d’optimiser les prises en charge thérapeutiques. Ils pourraient également contribuer à l’éducation thérapeutique du patient et au conseil nutritionnel, ainsi qu’à des actions de formation spécifiques relatives à l’obésité.
Rédigé par Camille Bourget et Cécilia Le Page
Plus d'actualités
